Du 25 au 28 septembre, à Zagreb, 11 films et coproductions françaises sont à l’affiche de 25FPS, festival du film expérimental !

Au programme : projections et rencontres avec les réalisateurs, notamment Elisabeth Caravella et Arash Nassiri…

 

Programme français : 

 

Konkurencija 1 – 25.9. à 19h ! – en présence du réalisateur 

TEHERAN-GELES 

ARASH NASSIRI 

France, 2014, 18′, DCP

Teheran-Geles nous projette dans une vision parallèle de Téhéran en prenant Los Angeles pour décor. Transposition architecturale des deux villes, dans laquelle les néons grésillant de la capitale iranienne s’incrustent de façon anarchique sur les vues aériennes des quartiers de la cité des Anges. En écho aux écritures publicitaires, les voix enregistrées depuis Skype témoignent du passé de Téhéran.

 

Konkurencija 2 – 25.9. à 21h – en présence de la réalisatrice

HOWTO

ELISABETH CARAVELLA 

France, 2014, 25′, DCP

 «How to » est un mot clef employé sur internet pour désigner un tutoriel. Destinées à l’origine au domaine informatique, ces captures d’écran vidéos explicatives sont généralement réalisées par des amateurs. Décelant le potentiel cinématographique de ces screencasts, j’ai souhaité réaliser un documentaire fiction nouvelle génération intégralement filmé depuis l’écran de mon ordinateur.

Le film et l’installation proposent chacun une réponse suggestive au détournement du tutoriel. Que ce soit par le biais d’une expérience linéaire ou immersive en temps réel, ils interrogent l’idée du hors champ et le concept d’hétérotopie initié par Michel Foucault. Ces espaces concrets, localisations physiques de l’utopie, hébergent l’imaginaire tels une cabane d’enfant ou la scène d’un théâtre.

Dans Howto, il s’agit d’un espace théorique, à la fois logiciel et scène de danse : les instants chorégraphiques révèlent à la fois des « plis » informatiques et des drapés fantomatiques que la danse anime, exacerbe et métamorphose.

À la manière du miroir, le tutoriel est filmé avec l’écran qui le diffuse. Hétérotopique et utopique, il est l’image d’une réalité. 

Elisabeth Caravella

 

Konkurencija 3 – 26.9. à 18h

DEEP SLEEP
BASMA ALSHARIF 

France, Grèce, Malte, 2014, 13′, HD vidéo

Dans ce film-performance réalisé sous auto-hypnose, l’artiste Basma Alsharif pose son regard sur Athènes, sur des bâtiments abandonnés de la ville de Malte ou encore sur une zone “post-civilisation“ selon elle, la bande de Gaza.

 

ALL THAT IS SOLID 
LOUIS HENDERSON 
France, Ghana, 2014, 16′, HD vidéo

Avec le développement  technologique du monde occidental, un grand nombre d’ordinateurs hors d’usage sont jetés chaque année. Ils sont envoyés en Afrique de l’ouest, où ils s’accumulent sur l’immense décharge d’Agbogbloshie, à Accra au Ghana. De jeunes hommes cherchent à extraire les métaux de ces déchets et les revendre pour la fabrication de nouveaux produits. Étrange système de recyclage, où ce sont, dans une sorte d’exploitation inversée, les Africains qui exploitent les ressources minières  de matériels venus d’Europe.

 

Konkurencija 4 – 26.9. à 20h

VIŠAK VJETRA 
DANE KOMLJEN 
France, Bosnie-Herzégovine, Serbie, 2014, 25′, DCP

On peut le comprendre de cette façon : deux hommes, des frères, l’un à l’ouest, l’autre à l’est. Deux lieux où la vie est terne, solitaire, banale. Ici, on peint les fenêtres, on refait les interrupteurs et on fume des cigarettes ; là-bas, on fait des longueurs de piscine, on prépare des matchs de boxe, on organise des transactions. Quel est le lien entre ces choses? Des piscines couvertes, le son d’une cloche, une balle traversant un os ? Une lettre semble sortie d’un rêve et évoque le souvenir d’hommes d’affaires japonais, de gouttelettes d’eau projetées dans l’air et de tortues envahissant le rivage, avec comme fil conducteur des chants d’oiseaux. Mais que se passe-t-il quand le feu fait rage, que les images commencent à se désintégrer et qu’on ne peut plus rêver ? Les quartiers de la ville vont prendre leur place : vides, impassibles, baignant dans la froide lumière de l’aube. L’argent a changé de mains, on peut partir ensemble vers le sud en se murmurant que la nuit n’est qu’un espace.

 

Konkurencija 5 – 27.9. à 20h 

VILLAGE MODÈLE
HAYOUN KWON 

France, 2013, 10′, DCP

Librement inspirée par le village de propagande nord-coréen, Kijong-dong, Hayoun Kwon révèle un lieu décor et nous plonge dans la fiction, accomplissant son voyage par procuration. Le film témoigne de ce village fantôme dans son véritable état : un mécanisme de fiction. La réalité d’une frontière face à sa mise en scène. Un village inatteignable autrement que par l’imagination.

 

THING

ANOUK DE CLERCQ 
Belgique, Italie, France, 2013, 18′, DCP 

Une architecte nous parle de la ville qu’elle a construite… Mais celle-ci n’existe-t-elle pas seulement dans son imagination ? Toute tentative de donner une forme fixe à des idées n’est-elle pas veine ? 

 

Le choix du jury – « Ecstatic Perception » par Johann Lurf 26.9. à 16h

C’était un rendez-vous

CLAUDE LELOUCH

France, 1976, 9′, 35mm

Filmé en un seul plan-séquence avec une caméra fixée à l’avant de la voiture, ce court-métrage emblématique montre une traversée de Paris à 220 km/h, très tôt le matin, enfreignant plusieurs fois le code de la route. La rumeur veut que Claude Lelouch ait même été placé en détention après l’avant-première du film, la police souhaitant connaitre le nom du pilote. Cependant, aujourd’hui encore, cela reste un mystère.

 

Odes to film – 25.09 à 19 h

 Étude cinématographique sur une arabesque

GERMAINE DULAC

France, 1929, 7′, 16mm

« Dans l’élaboration du film, on prône d’abord l’histoire et l’on place en second plan l’image, c’est-à-dire que l’on préfère le théâtre au cinéma. Quand le rapport sera renversé, le cinéma commencera dès lors à vivre selon sa propre signification. Lutte de l’image prise au sens profond de son orchestration, contre l’erreur littéraire et dramatique. Tout le problème du cinéma est dans ce mot «visualisation». L’avenir est au film qui ne pourra se raconter. Le septième art, celui de l’écran, c’est la profondeur rendue sensible et visuelle, qui s’étend au-dessous de l’histoire, analogue à l’insaisissable musical. Cette conception amène nécessairement à une révision des thèmes cinégraphiques. » (Conférence, 13 octobre 1928)

 

Odes to film 27.09 à 20h

Giraglia

THIERRY VINCENS

France, 1968, 6′, 35mm

Des images psychédéliques se déroulent sur le rythme et la musique de Messe pour le temps présent de Pierre Henry et Michel Colombier composée pour le ballet de Maurice Béjart. Un film abstrait, spectaculaire et drôle.

 

27.09 à 23h 

A Spell to Ward Off the Darkness

BEN RUSSELL, BEN RIVERS

France, Estonia, 2013, 98′, DCP

Marqué par la solitude, la beauté extatique et par un optimisme des plus sombres, A Spell to Ward Off the Darkness (Un sort pour conjurer les ténèbres) est une proposition radicale en faveur de l’existence de l’utopie dans le présent. Le film suit un personnage anonyme, à travers trois moments apparemment disparates de sa vie. Avec peu d’explications, nous le suivons au cœur d’un rassemblement d’une quinzaine de personne sur une petite île estonienne ; dans l’isolement du majestueux désert du Nord de la Finlande; et lors d’un concert où il est chanteur et guitariste d’un groupe de black métal en Norvège.

Avec le musicien Robert AA Lowe dans le rôle principal (plus connu pour ses intenses performances live sous le nom de LICHENS), A Spell to Ward Off the Darkness se situe quelque part entre la fiction et la non-fiction – c’est à la fois un récit de l’expérience et une expérience en soi, une enquête sur la transcendance, qui voit le cinéma comme un moyen de transformation.