Bicentenaire de la photographie
Exposition de photographies de Matea Leš
Du 14 septembre au 1er novembre 2026, Institut français, Preradovićeva 5
Vernissage : lundi 14 septembre à 18h
« Depuis mon enfance, l’été est pour moi synonyme de mer Adriatique. C’est là que je suis née, que j’ai grandi et que je me sens toujours le plus chez moi. Ces sept ou huit dernières années, même si j’adore passer mes étés en Croatie, j’ai aussi eu envie de les passer ailleurs. Généralement, quelque part en Méditerranée.
Au fil des ans, ces voyages ont formé une collection sans que je m’en rende vraiment compte.
J’ai photographié la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Monténégro et d’autres pays méditerranéens de la même manière que je photographie la Croatie. Je n’ai jamais été particulièrement intéressée par la documentation des monuments ou la justification du lieu de prise de vue. J’étais attirée par les choses simples. La lumière qui filtre à travers une fenêtre. Une chaise en plastique devant une maison. Un vieil homme debout dans la rue, les mains derrière le dos. Une peau dorée par le soleil. La nourriture. Où que j’aille, il y avait toujours quelque chose de familier. Les grands-pères dans la rue ont les mains derrière le dos exactement comme dans mon village natal. Le poisson a le même goût. Nous restons assis dehors longtemps après le coucher du soleil. Nous buvons du vin, parlons fort, mangeons lentement et trouvons toujours une raison de prolonger le repas.
Bien sûr, certaines choses diffèrent : la langue, l’architecture, les paysages, les gens, mais un certain rythme imprègne tout cela.
Je n’ai jamais vraiment su expliquer ce sentiment d’appartenance à la Méditerranée. Je ne crois pas qu’il soit défini par des frontières, ni qu’il puisse se réduire à la mer, au climat ou à un mode de vie particulier. C’est plus instinctif. C’est cette étrange sensation d’arriver quelque part pour la première fois et de reconnaître un lieu familier depuis toujours. En parcourant les photos de ces huit dernières années, je suis rendue compte que j’avais toujours capturé cette sensation.
C’est ainsi qu’est née l’exposition « Sous la même lumière ». Elle offre un aperçu de ces voyages et de ces petits moments qui ont rendu des lieux lointains étrangement proches de moi. Nous vivons sur des rivages différents, parlons des langues différentes et appelons ces lieux par des noms différents, mais une grande partie de notre vie quotidienne se déroule sous la même lumière. C’est peut-être pour cela que, où que je voyage en Méditerranée, je ne me sens jamais vraiment loin de chez moi. » Matea Leš
Matea Leš est une photographe croate dont le travail créatif s’enracine dans les textures, la lumière et les silences. Son parcours artistique a débuté par la capture d’histoires humaines, mais au fil du temps, son objectif s’est tourné vers l’intérieur, vers des moments plus lents et plus calmes qui révèlent la vérité émotionnelle d’un lieu. Née et élevée au bord de la mer, elle capture l’Adriatique non comme une destination, mais comme un mode de vie. Bien qu’elle voyage souvent et à travers le monde, son regard revient toujours vers le littoral adriatique.
« Sous la même lumière » étend ce regard à travers la Méditerranée, suivant la lumière qui relie ses rivages lointains. De l’éclat des paysages ouverts aux fragments de vie quotidienne, les photographies recherchent un sentiment familier dans des lieux inconnus. Ensemble, elles révèlent un langage visuel façonné par le même soleil, la même mer et la même lumière.




