d’après La Danse de la sorcière de Mary Wigman

Compagnie Pedro Pauwels (FR)

Dans le cadre du Festival de danse contemporaine

Pedro Pauwels relance un projet à auteurs multiples, dont il sera l’interprète. La création Sors aura comme point de départ le mythique solo La Danse de la sorcière de Mary Wigman, célèbre pionnière de la danse expressionniste allemande. Ce projet marque la poursuite de la recherche autour de l’interprétation que Pedro Pauwels a initiée avec Cygn etc…. Quatre chorégraphes participeront à cette création : Carlotta Ikeda, Josef Nadj, Robyn Orlin et Jerôme Thomas

« Sorcier(e)s d’aujourd’hui ? »

Qui sont aujourd’hui les « Maîtres du désordre » ? Comment les chorégraphes conçoivent-ils la construction d’un équilibre entre sagesse et excès, règle et transgression ? L’anarchie est-elle aujourd’hui glorifiée dans la création chorégraphique ? Entre forces positives du chaos dans l’intérêt du « vivre ensemble », et détournement de ces énergies troublantes, comment les chorégraphes s’emparent-ils aujourd’hui de ces questions ? A partir de La Danse de la sorcière de Mary Wigman, les chorégraphes sollicités seront invités à questionner les rôles du rythme, de l’énergie et du geste au service d’un art de l’envoûtement, de l’enchantement et de la passion et invités à construire chorégraphiquement leur vision d’un sorcier(ère) d’aujourd’hui.

« Sorcier(e)s au pluriel »

Le temps passe mais mon intérêt et mon engagement pour le travail d’interprétation ne cesse de s’amplifier. Le temps qui passe n’altère en rien le plaisir que j’ai d’être sur le plateau, d’investir des rôles… Parallèlement à mon travail de chorégraphe, les enjeux de l’interprétation, de la confrontation, de l’échange avec d’autres créateurs me poursuivent et me nourrissent. Le plaisir d’être « au service » d’un autre artiste, d’être guidé, bousculé, reste aujourd’hui pour moi une dimension essentielle de mon travail. Mon parcours atypique, marqué par un coma artificiel de plus de deux mois, suite à une méningite foudroyante, l’ablation qui s’en est suivie de certaines de mes phalanges, le long réapprentissage de la motricité jusqu’à mon retour sur scène, m’ont confronté à d’autres registres de survie et de nécessités de vivre. J’y ai développé une force dont j’ignore si elle relève du surnaturel, mais dont je suis certain qu’elle est en partie fondée sur un autre rapport au monde et aux forces qui le meuvent. D’où mon intérêt particulier pour ce projet qui fait référence à un ailleurs…

Pour ce projet j’ai fait appel à Claire Rousier. Mon intérêt pour les œuvres du passé, plus encore pour les œuvres peu, voir méconnues du public m’a conduit à lui demander conseil en raison de ses compétences et de sa passion pour l’histoire de la danse et de l’amitié qui nous lie. C’est sur ses suggestions que mon choix s’est porté sur le solo de La Danse de la sorcière.

Pedro Pauwels